La croisée du visible - JL Marion
La croisée du visible - Jean-Luc Marion - PUF, 154 pages
Quatrième de couverture:
La question de la peinture n'appartient ni d'abord, ni uniquement aux peintres ou aux esthéticiens. Elle appartient à la visibilité elle-même, donc à tous.
A dire vrai ou plus exactement à tous ceux pour qui voir ne va pas de soi. Et c'est sans doute pourquoi la philosophie ne peut que se trouver, quand il y va de la peinture, à demeure. En effet, la philosophie a pris aujourd'hui une figure essentielle, la phénoménologie ; or la phénoménologie ne prétend revenir aux choses mêmes que parce qu'elle entreprend d'abord de voir ce qui se donne - ce que cela donne. La visibilité exceptionnelle du tableau devient alors un cas privilégié du phénomène, éventuellement une voie vers la phénoménalité en général.
Mais la phénoménologie suffit-elle à cerner la visibilité et donc tous les tableaux possibles? Le tableau n'admet-il pas lui-même qu'un seul statut, ou ne ménage-t-il pas d'autres ressources? En passant de l'idole à l'icône, nous poursuivons certes des recherches antérieures, mais nous suivons la nécessité de la chose même: le tableau, donc le visible par excellence, s'offre au dilemme de deux figures d'apparition, inverses, adverses et pourtant indispensables, inséparables. La théologie devient, dans cette situation, une instance irrécusable de toute théorie du tableau. Pour l'avoir parfois dénié, puis simplement oublié, la pensée esthétique s'est parfois empêtrée dans de longues apories. Le temps vient peut-être de s'en délivrer et de voir le visible en face, comme le don de l'apparaître.
Mon avis:
Ce livre a beau être très intéressant pour quiconque s'intéresse à la peinture, à l'iconoclasme et à la relation que l'homme peut avoir vis-à-vis des oeuvres, il n'en demeure pas moins qu'il n'est pas très accessible.
Du moins il n'est pas accessible à ceux qui n'ont aucune notion de philosophie, et encore moins de connaissance quant à l'iconoclasme.
Cest dommage car la pensée est cohérente et bien argumentée.
Pour les avisés seulement donc.
Extrait (page 59):
Le tableau véritable nous défie, nous provoque, avec parfois l'arrogance canaille du parvenu à la visibilité, plus rarement de la sainteté, royale et sacerdotale, d'un maître du paraître. A y bien songer, il faudrait se purifier avant d'entrer en sa présence. Car la gloire menace, même quand elle sauve.
Par Louloute, Mardi 7 Aout 2007 à 10:30 GMT+2 dans Lectures sous la couette (article, RSS)








