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Les aléas du travail

Je n'ai pas pour coutume de m'étendre sur les histoires du bureau, bien que je parle souvent de mon travail. Je ne sais pas à quoi cela est dû, peut être de la pudeur, je ne sais pas.

Sauf qu'en ce moment c'est assez chaotique et j'ai besoin d'avoir vos avis, vos expériences, vos conseils.
Pas de panique, en ce qui me concerne ça va bien: mon contrat va bientôt être signé (mon patron a été assez pris ces derniers temps...), je m'occupe de "ma gang" et je fais mon travail du mieux que je peux, avec tout mon coeur, mes tripes même.
C'est peut être impensable pour certains, mais je trouve une réelle satisfaction à me donner à 200% dans mon travail. Je ne veux pas compter mes heures, je veux m'investir parce que je crois dans cette entreprise et dans son avenir.

En ce moment je gère une dizaine de personnes qui produisent des documents: je les relis, je les aiguille, je leur donne des pistes d'amélioration.
Pourtant je n'ai aucune vocation à gérer les gens: j'aime travailler seule, complètement autonome. Donnez moi une deadline, et vous pourrez être sur que ce sera prêt, tant qu'on me laisse procéder comme je l'entends.

Forcément, j'ai appris "sur le tas" à composer avec cette facette du travail: j'ai compris sur le tard que ceux que gère aiment être suivi de près, avoir des réunions qui permettent de faire le point. Comme c'est quelque chose que j'ai en horreur, je ne pensais pas que tant de gens puissent aimer travailler de cette manière.
Maintenant, j'ai appris à connaître le caractère de chacun, et "la place" de manager qui était mienne, selon leurs envies, leurs besoins, leur sensibilité aussi.

Mais dans la dizaine, il y a une personne très timide, très renfermée, très peu sure d'elle. Je ne l'ai compris qu'aujourd'hui, en me rendant compte des difficultés auxquelles cette personne faisait face. J'ai relu son document: après un moment de fureur ("c'est pas possible, c'est du foutage de gueule"), j'ai pris l'initiative de faire un point informel. Direction le Starbucks, devant un café les mises au point passent souvent mieux.
Les faits sont là: mauvaise maîtrise de l'anglais (voire pas du tout), cette personne n'est pas capable d'accomplir la tâche qu'on lui demande car trop technique, trop difficile à comprendre.

Je lui ai demandé ce qui lui plairait, demandé son parcours. Deux heures à l'écouter se sont écoulées et j'ai pris la résolution (avec son accord) d'en parler au patron, pour lui proposer autre chose.

Le patron a été d'accord mais remet en cause son potentiel. La personne concernée devrait avoir de nouvelles tâches dès mardi prochain (lundi nous ne travaillons pas).
En attendant, j'aimerais prendre le temps de lui expliquer pourquoi ce changement de tâche: j'aimerais éviter le sentiment d'échec, si dévastateur pour l'estime de soi.

Mais comment amener ça sans blesser? Comment faire passer le bon message? Comment (re)motiver pour ce qui arrive, que je crois plus en accord avec ses attentes?

Il est 19h à Montréal et je me sens bien seule face à ce problème... Qui n'est plus un problème: c'est un défi.

Bibis d'érable... 

Vos commentaires

1 Le Jeudi 21 Juin 2007 à 11:15 GMT+2, par Headbanging

C'est difficile parce que je suppose qu'on est peu à avoir vécu ce genre de situation...
Je te souhaite juste bon courage pour lui faire comprendre ça et bon courage à cette personne !
Bisous copine !

2 Le Jeudi 21 Juin 2007 à 15:10 GMT+2, par nannette

bonjour louloute, moi j'en dirige une trentaine et c'est pas facile tous les jours non plus, ce genre de situation , je l'ai déjà vécu plusieurs fois et ce n'est jamais simple c'est bien vrai.

Je me suis rendue compte ( en ayant merdé plus d'une fois mais on apprend de ses erreurs ) qu'il faut énormément valoriser le nouveau poste, faire passer ça pour un challenge à relever. Bien montrer à cette personne en quoi ces compétences sont importantes et bien adaptées pour ce nouveau poste. Il ne s'agit pas d'un échec ni d'une mise au placard mais une évolution dans son parcours, une chance d'aborder des choses nouvelles, et des diversifier et d'acquérir de nouvelles compétences.
Il faut positiver et être soi même convaincu que ce nouveau poste c'est exactement ce qu'il lui faut , pour être à son tour convaincant.

voilà je t'apporte ma maigre contribution, j'espère avoir pu t'aider un peu. Bon courage

bibi de savoie

3 Le Jeudi 21 Juin 2007 à 20:09 GMT+2, par alain

A les joies du management, source de tant de joies et d'argent pour tous les consultants.
Pour le sentiment d'échec la réponse est probablement dans nos différences qui sont aussi notre richesse. Certains sont doués pour la peinture sur soie, moi c'est le jet de beret basque. Plutôt que de s'obstiner dans une voie qui n'apportera que sentiment d'échec et frustration, voire déglingage par son employeur, il vaut mieux essayer de se valoriser dans une activité que l'on peut maitriser. Il n'y a pas de honte à essayer une voie pour vérifier si elle nous correspond, pas plus que de se rendre compte que persévérer n'aboutira qu'au sur régime permanent et donc à la casse. Quant à ta responsabilité, tu as fait parler tes tripes et tu as passée 2 H à essayer de comprendre et à trouver une solution. Rassures toi c'est juste que tu es humainement sensible, je te souhaite que cela ne te passe pas.

4 Le Jeudi 21 Juin 2007 à 23:47 GMT+2, par Louloute

>> Headbanging: C'est vrai qu'à nos âges, on n'a pas beaucoup d'expérience, donc ce genre de situation est bien souvent un moyen de faire ses armes...

>> Nannette: Merci pour ta contribution qui m'a bien aidée, que j'ai essayer d'appliquer du mieux que j'ai pu. Apparemment la personne concernée à l'air de bien aimer ses nouvelles tâches, de bien travailler. Une belle reconversion, je pense avoir négocié au mieux l'affaire, pour une débutante! ;-)

>> Alain: Je suis bien d'accord avec toi, ça sert à rien de jouer à la pétanque si on est un pro du cracher de noyau de cerises, car personne n'y trouve son compte.
Après je suppose que savoir réellement bien gérer ce genre de situation est affaire de pratique. Un tel début en management, c'est vrai que ça perturbe un peu.
Quant à ma sensibilité j'espère bien qu'elle ne me passera pas: j'ai beau ne pas avoir une fibre sociale très développée, j'espère rester assez humaine pour continuer à nouer des liens avec les gens, à les aider du mieux que je peux.

Gros bibis d'érable à tous les trois, merci pour votre aide!

5 Le Vendredi 22 Juin 2007 à 06:22 GMT+2, par nannette

à ton service ! :)

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