Toi, mon père
Un texte que je destine à mon père, qui sort tout droit de la consigne Paroles plurielles n°40. Il fallait commencer par "il choisit toujours la solution la plus compliquée" et s'inspirer de la photo ci-dessous.

Il choisit toujours la solution la plus compliquée. Pas pour nous, non ça jamais, au contraire il a toujours été là pour arrondir les angles, pour nous aider à gravir une marche un peut trop haute pour nous, pour nous empêcher de sombrer comme un château submergé par les vagues ou pour nous encourager.
Mais en ce qui le concerne...
Quand il n'arrive pas à faire quelque chose, il persiste. Têtu. Sans demander l'aide à personne. Il s'énerve, il souffle... mais il n'en démord pas. Jusqu'à ce qu'il réussisse. Ou que l'autre cède. Mais si personne ne se propose, il se débrouillera. Seul.
Il choisit toujours la solution la plus compliquée.
Quand il est gêné pour dire quelque chose, il tourne en rond. Il fait tout un tas de farandoles, de bifurcations, de croisements. Nous on le sait bien qu'il a quelque chose à dire. Alors on attend qu'il se lance. Ce qu'il fera après avoir parlé bien plus longtemps que d'habitude. Et bien entendu on ne sera pas à côté, on ne l'entendra pas et il sera obligé de répéter. Encore plus mal à l'aise que la première fois.
Il choisit toujours la solution la plus compliquée.
Quand il s'agit des études, il encourage, appuie. Toujours la force tranquille, jamais il n'impose ses idées, il laisse le soin du choix à d'autres. Alors les autres choisissent un parcours: peut être pas le plus facile, peut être pas celui qu'il avait espéré, peut être un parcours encore plus difficile que ce qu'il avait cru au premier abord... Mais il est là pour nous. Toujours.
Il choisit la solution la plus compliquée
Quant à moi je suis bien la fille de mon père: s'il m'a dit la première fois qu'il m'aimait il y a un an dans le terminal d'aéroport, encore une solution compliquée, moi, il aura fallu que je sois outre atlantique pour lui écrire un texte.
Un texte pour lui dire combien j'ai apprécié, mesuré et voulu mériter tous ses sacrifices.
Un texte pour lui dire combien je l'ai compris, lui, ses souffrances, ses espoirs, ses bonheurs.
Un texte pour lui dire combien je le remercie pour ce qu'il a fait pour moi, pour que je devienne celle que je suis aujourd'hui, pour que je fasse les études que je voulais, pour que je trouve ma voie.
Finalement on choisit toujours les solutions les plus compliquées...
Surtout pour se dire qu'on s'aime.
Par Louloute, Jeudi 1 Mars 2007 à 23:02 GMT+2 dans Nouvelles en cascade (article, RSS)










