Le meurtrier
Voici le texte que j'ai écrit (et envoyé à Paroles Plurielles, on va voir si je suis publiée) d'après la consigne 39.
Il fallait commencer par "je suis resté une heure dans la salle de bains". Le texte devait avoir une fin originale.
Dernier point, les trois images ci-dessous devaient être inclues dans le texte...



Je suis resté une heure dans la salle de bains. A savonner ces mains qui me paraissent toujours souillées de la terre que j'ai retourné. Retournée pour lui, qui maintenant git à 6 pieds sous terre, en morceaux, abîmé comme une canette de Coca Cola qu'on écraserait contre le sol avec le pied.
Tout a commencé dans cette ruelle sombre: je découvrais la ville, je furetais dans les ruelles toutes plus sombres les unes que les autres, quand j'ai pénétré sur le lieu de notre rencontre. Je n'avais jamais vu autant de deux roues garés au même endroit.
"C'est marrant les découvertes que l'on peut faire en se promenant, tout de même".
Au milieu de cet enchevêtrement de choses insignifiantes, il s'est tout de suite détaché, m'est apparu comme la clé à ma morose existence. Après une première rencontre pour le moins surprenante, nous sommes repartis ensemble... Sans jamais réussir à se séparer.
Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai pris la décision de me débarrasser de lui. La passion, trop forte, nous entrainait sur les pentes de l'auto-destruction. A quoi bon continuer à se blesser l'un, l'autre?
Soit il partait, soit c'était moi. J'ai opté pour le première solution et je l'ai supprimé. La tête froide, comme s'il ne s'était jamais rien passé entre nous, comme si c'était juste un inconnu gênant.
Et maintenant je m'en veux, je suis terrorisé, j'ai le sentiment d'avoir supprimé une partie de moi même, je me suis sali avec ma propre barbarie. Je suis seul maintenant.
En explosant ce qui me restait de mon addiction au tabac, ce briquet, j'ai choisi de vivre.
Libre.
Par Louloute, Lundi 12 Fevrier 2007 à 19:01 GMT+2 dans Nouvelles en cascade (article, RSS)











